Le permis d'enfanter

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Message par Invité le Mar 29 Mai - 0:14

Il y a quelques mois j'avais commencé cette histoire. Je voulais faire un genre de science fiction avec un monde où les naissances sont ultra réglementées et avec les dérives de l'hyper contrôle des familles. J'avais penser aussi faire une sorte de "résistance" qui aiderait les femmes qui ne sont pas autorisées à avoir des enfants à les mettre au monde et les cacher. Ce serait une façon romancée d'aborder plusieurs problèmes : d'abord le contrôle social, mais aussi mettre l'accent sur le hasard d'une naissance avec des nouveau "sans papier" et enfin avec les enfants cachés, je voulais faire un clin d’œil aux enfants juifs cachés pendant la 2GM, et aux héros qui ont risqué leur vie pour ces innocents. Bon je vous propose le tout début du texte. Avis, commentaires, idées, reproches, ect... Je suis à l'écoute de tout! lol




Le permi d'enfanter.


Kimberley,
De longues boucles rousses qui tombent en cascade sur une chute de rein tatouée. Kim trimballe sa silhouette nonchalante entre les murs de son appartement. Comme le soleil filtre à travers les rideaux pour éclairer ce tableau dans la douceur du matin, JMI se dit qu'il a réussi sa vie.
Une tasse de café à proximité, son ordinateur sur les genoux, de son balcon il regarde sa compagne choisir une robe légère et l'enfiler. Elle aime jouer à l'ignorer et il se ravit de la voir interpréter pour lui la diva magnifique.  

- C'est prêt demande-t-elle en prenant place en face de lui.
La brise que la mer rapporte jusqu'à leur terrasse, la surprend de fraicheur. La fraicheur n'est pas le froid, le froid elle l'a connu dans les bas fond de son enfance. Et c'est dans l'appartement luxueux de JMI qu'elle combat la misère aujourd'hui. Elle n'aura plus jamais froid, elle voudrait qu'aucun enfant n'ait plus jamais froid.

- Il est prêt ton texte, redemande t-elle.
Elle est vive, impatiente, parfois sanguine, il traine à répondre, réfléchit, modère ses propos et l'âge ne joue pas pour lui.
- Tiens, lis le, dit-il en tournant vers elle l'écran de l'ordinateur.
- Oh, non ! Lis pour moi, j'ai à peine dormi cette nuit, je veux regarder la mer. Dans une heure je dois rejoindre mon équipe pour retravailler ma présentation du texte de loi prévue mercredi. Lis moi ton texte que je sache un peu ce qu'en dit la presse.

Kimberley rit, et quand elle rit, sa voix tombe en cascade comme ses cheveux. Ses doigts vernis enlacent une tasse de chocolat chaud, son regard se perd très loin sur la mer. Elle écoute. Elle écoute toujours attentivement, c'est comme ça qu'elle a appris. Quand on l'a retirée de sa famille, elle avait treize ans. Elle est entrée en foyer pour enfant placé comme on sort la tête de l'eau. Elle avait un bureau, des feuilles que personne ne jetait à travers la pièce, des stylo qui écrivaient bien, et chaque matin, elle pouvait de nouveau partir à l'école. Elle a écouté et elle a appris. Certains enfants étaient durs, elle l'était plus qu'eux, certains faisaient peur, elle les effrayait encore plus, certains savaient mentir, elle le faisait toujours mieux. Petite elle avait du être forte, plus grande, elle a appris à devenir instruite. Aujourd'hui elle est députée.
JMI est journaliste, ou bien il l'a été. Il est parton de presse, parce que c'est ici que le pouvoir se joue. Est ce qu'il aime l'argent ? Est ce qu'il aime se pavaner et se faire flatter ? Rien de tout cela. Ce qu'il aime, il le partage avec Kim. Il l'a aimée en un instant, quand il a vu dans ses yeux qu'elle brûlait du même feu. Ils ont le même combat, ils éradiqueront un jour la misère. Et ce combat se gagnera avec le PE.

- Alors tu me le lis ton édito sur le Permis d 'Enfanter!
- Je n'en ai fait qu'une relecture. Tu connais Julien, je lui dis oui ou je lui dis merde. Il ne retravaille jamais un texte à ma demande.
- Julien est un con, tu devrais écrire tes édito toi-même, ils seraient bien meilleurs.
- Julien est un homme brillant avec un caractère de merde. Je suis content de l'avoir, c'est important de lui laisser sa liberté d'écriture.
- Tu ne crois pas toi même à ce que tu dis, tu as déjà viré trois éditorialistes !
- Ils étaient mauvais, ils ne pensaient pas comme moi.

C'est JMI qui rit et tout de suite, le rendu est bien différent. Il incarne malgré lui la classe dominante, la satisfaction, l'homme blanc vieillissant, ce fameux pouvoir. C'est pourtant lui qui a accompagné Kim marche après marche, qui lui a donné la clef des portes trop dures à enfoncer.
Kim l'aime, aime le voir rire, aime le voir se battre, elle admire son aplomb, sa patience, sa tendresse aussi quand il est avec elle. Il fallait bien être le jour et la nuit pour mener un combat qui prendra des décennies et qui usera toutes leur forces.
Alors demande Kim, tu le lis ce texte ? Ou bien je devrais utiliser mes armes pour l'obtenir...


Edito :
Le permis d'enfanter est-il une forme d'Eugénisme ?


à suivre...   ^^





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Message par gaston21 le Mar 29 Mai - 17:43

De l'émotion, de l'imagination, de la poésie, une écriture "bien tournée", mais un sujet bien difficile. Que serait maintenant la Chine si Mao n'avait pas pris la décision d'un enfant unique par couple? Et que de drames à venir si on ne règle pas d'urgence la démographie dans de très nombreux pays? L'Inde, 1,25 milliard d'habitants...Les indiens en sont conscients; alors, on pratique le "foeticide"! On supprime les filles à la naissance! Aujourd'hui les jeunes gens cherchent désespérément des filles pour créer un ménage; le recensement montre qu'il en manque 65 millions pour retrouver un équilibre entre les sexes.
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Message par Invité le Mer 30 Mai - 11:31

C'est une question sensible. Et je ne compte pas l'aborder de façon manichéenne en ne prenant parti que pour un point de vue.
Comme je l'ai déjà dit, je travaille en psychiatrie et tu te doutes bien qu'il y a beaucoup de parents qui ne sont pas en état de s'occuper de leur enfants. Donc j'ai énormément écouté de récits de parents séparés de leur enfants. Je suis assez lucide pour savoir que ces enfants sont souvent en danger immédiat pour leur sécurité. Mais aussi souvent pour leur construction émotionnelle, là il y a tout de même un point remarquable c'est que même les "bons parents" peuvent être un danger. J'ai aussi accompagné des jeunes femmes enceintes, dont les enfants sont placés dès la naissance ou encore des jeunes couples qui savent ne pas avoir la possibilité d'avoir d'enfants à cause de la surveillance des services sociaux. J'ai le bon rôle car je ne fait que de la réhabilitation et pas de contrôle, ni de pouvoir décisionnel mais je sais qu'il en faut et je comprends bien comme la situation est délicate.
Je vais utiliser une situation réelle pour alimenter ma réflexion, il faut juste que je m'attelle a écrire sérieusement, je suis devenue très flemmarde Very Happy

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Message par Tatonga le Mer 30 Mai - 14:00


Je ne sais pas si tu as fait exprès, Amandine, lol mais tu as réussi à créer deux personnages, ce qui est extrêmement difficile.
Quand je dis personnages, je veux dire que tu n'as pas fait parler deux individus sans visage. On a bien affaire à deux personnages bien vivants qui, d'après ce que tu en dis et ce que tu leur fais dire, révèlent leur personnalité, leurs traits de caractères, leurs sentiments... Ils sont réels.
Tu as brossé aussi de petits tableaux, ouvert des fenêtres sur l'extérieur pour situer la scène et révélé par petites touches l'intime complicité des deux amis. C'est difficile à dire quand on ne maitrise pas le vocabulaire des critiques littéraires, mais tout cela est bien réussi.
Il doit être douloureux d'écrire et en même temps très passionnant.
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Message par Invité le Mer 30 Mai - 14:23

Non, je ne fais pas exprès parce que je suis stupide Rolling Eyes
Tatonga, même lorsque tu fais un compliment tu réussis à être odieux lol
Tu as beaucoup de chance que je t'aime malgré tout !!!

Cependant, ton retour enthousiaste me motive à retourner m'y atteler Wink

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Message par Amandine le Mer 4 Sep - 23:00

Ce texte était en rade, j'en partage un autre bout, ça va peut-être me motiver à poursuivre

Je remets le premier chapitre avec car je crois l'avoir modifié un peu mais il ne faut pas se forcer à le relire, ni a lire le suivant d'ailleurs Very Happy


L'histoire a écrit:La frontière.


Kimberley,


De longues boucles rousses qui tombent en cascade sur une chute de rein tatouée. Kim trimballe sa silhouette nonchalante entre les murs de son appartement. Comme le soleil filtre à travers les rideaux pour éclairer ce tableau dans la douceur du matin, JMI se dit qu'il a réussi sa vie.
Une tasse de café à proximité, son ordinateur sur les genoux, de son balcon il regarde sa compagne choisir une robe légère et l'enfiler. Elle aime jouer à l'ignorer et il se ravit de la voir interpréter pour lui la diva magnifique.  
- C'est prêt demande-t-elle en prenant place en face de lui.
La brise que la mer rapporte jusqu'à leur terrasse, la surprend de fraicheur. La fraicheur n'est pas le froid, le froid elle l'a connu dans les bas-fonds de son enfance. Et c'est dans l'appartement luxueux de JMI qu'elle combat la misère aujourd'hui. Elle n'aura plus jamais froid, elle voudrait qu'aucun enfant n'ait plus jamais froid.
- Il est prêt ton texte, redemande-t-elle.
Elle est vive, impatiente, parfois sanguine, il traine à répondre, réfléchit, modère ses propos et l'âge ne joue pas pour lui.
- Tiens, lis-le, dit-il en tournant vers elle l'écran de l'ordinateur.
- Oh, non ! Lis pour moi, j'ai à peine dormi cette nuit, je veux regarder la mer. Dans une heure je dois rejoindre mon équipe pour retravailler ma présentation du texte de loi prévue mercredi. Lis-moi ton texte que je sache un peu ce qu'en dit la presse.
Kimberley rit, et quand elle rit, sa voix tombe en cascade comme ses cheveux. Ses doigts vernis enlacent une tasse de chocolat chaud, son regard se perd très loin sur la mer. Elle écoute. Elle écoute toujours attentivement, c'est comme ça qu'elle a appris. Quand on l'a retirée de sa famille, elle avait treize ans. Elle est entrée en foyer pour enfant placé comme on sort la tête de l'eau. Elle avait un bureau, des feuilles que personne ne jetait à travers la pièce, des stylo qui écrivaient bien, et chaque matin, elle pouvait de nouveau partir à l'école. Elle a écouté et elle a appris. Certains enfants étaient durs, elle l'était plus qu'eux, certains faisaient peur, elle les effrayait encore plus, certains savaient mentir, elle le faisait toujours mieux. Petite elle avait dû être forte, plus grande, elle a appris à devenir instruite. Aujourd'hui elle est députée.
JMI est journaliste, ou bien il l'a été. Il est parton de presse, parce que c'est ici que le pouvoir se joue. Est ce qu'il aime l'argent ? Est ce qu'il aime se pavaner et se faire flatter ? Rien de tout cela. Ce qu'il aime, il le partage avec Kim. Il l'a aimée en un instant, quand il a vu dans ses yeux qu'elle brûlait du même feu. Ils ont le même combat, ils éradiqueront un jour la misère. Et ce combat se gagnera avec le PE.
- Alors tu me le lis l’édito de ton journal sur le Permis d’Enfanter!
- Je n'en ai fait qu'une relecture. Tu connais Julien, je lui dis oui ou je lui dis merde. Il ne retravaille jamais un texte à ma demande.
- Julien est un con, tu devrais écrire tes édito toi-même, ils seraient bien meilleurs.
- Julien est un homme brillant avec un caractère de merde. Je suis content de l'avoir, c'est important de lui laisser sa liberté d'écriture.
- Tu ne crois pas toi-même à ce que tu dis, tu as déjà viré trois éditorialistes !
- Ils étaient mauvais, ils ne pensaient pas comme moi.
C'est JMI qui rit et tout de suite, le rendu est bien différent. Il incarne malgré lui la classe dominante, la satisfaction, l'homme blanc vieillissant, ce fameux pouvoir. C'est pourtant lui qui a accompagné Kim marche après marche, qui lui a donné la clef des portes trop dures à enfoncer.
Kim l'aime, aime le voir rire, aime le voir se battre, elle admire son aplomb, sa patience, sa tendresse aussi quand il est avec elle. Il fallait bien être le jour et la nuit pour mener un combat qui prendra des décennies et qui usera toutes leurs forces.
Alors demande Kim, tu le lis ce texte ? Ou bien je devrais utiliser mes armes pour l'obtenir...
- Edito : Le permis d'enfanter est-il une forme d'Eugénisme ? démarre JMI.
La douceur de cette matinée, la chaleur de la tasse entre ses mains, et la perspective d’un monde meilleur, Kim écoutait en silence.
Quelque pièce plus loin, dans le luxueux appartement, Marie-Amélie claquait une porte, un livre à la main, elle quittait le logement, loin du spectacle répugnant de son père et sa nouvelle maîtresse trinquant sur le toit du monde.



Marie-Amélie,



Ils s’étaient réunis dans un café. Personne n’était caché, ils étaient chez eux. Des boiteux, des trop grands, un trop petit, des binoclards, des dents tordues… La cours des miracles. Elle est entrée et elle a pris une chaise. Elle  a sorti un livre d’avant les réformes, un truc de Voltaire qu’elle avait piqué sur l’étagère de JMI avant de sortir. Candide. Ça devait être un truc pour les enfants, des histoires de guerre, avec un gosse qui raconte ça comme s’il était devant la télé. Elle entrait bien dans son personnage, elle se surprit à plonger dans sa lecture sans garder l’œil sur son environnement.  Mais elle n’était pas là pour lire ces inepties d’un autre âge, elle devait absolument infiltrer les réseaux des opposants, avec ça elle allait enfin faire un reportage qui marquerait les esprits et inscrire son nom dans la liste des journalistes qui comptent, ne plus être la fille à papa qui a obtenu sa place sans mérite. Après avoir terminé première de sa promotion,  enfin eu son accréditation, elle avait prêté serment d’œuvrer pour le bien de l’humanité, elle et paradoxalement son parcours sans-fautes lui attirait les soupçons. Elle était près du sommet mais elle devait encore tout prouver. Elle allait rester en planque ici un moment pour qu’ils s’habituent à elle, quelqu’un finirait par lui parler de Tatonga, ou la conduire à lui, c’était une question patience. Elle levait les yeux : alors c’était bien vrai, tous ces hommes étaient des opposants à la réforme et ils ne s’en cachaient pas. Certains avaient moins de trente ans, ils étaient nés après, c’était obligé. Pourtant ils avaient visiblement envoyé baladé leur programme de santé. En face d’elle, un jeune homme avait gardé des marques d’acné sur son visage. Sa peau couverte de petites cicatrices semblait issue d’un manuel de la réforme, pour montrer ce qui arrive à ceux qui désactivent leur programme de santé. C’était si visible qu’elle se demandait si ce n’était pas une blague. L’autre en face de lui devait dépasser les 1m90, le pic de croissance mal géré avait vouté son dos. Ces deux-là étaient pourtant si jeune, une vingtaine d’années, quel genre de parents pouvait désactiver volontairement le programme de santé de leurs enfants ? Les exposants à toute sorte de malformation ? Les plus vieux, elle pouvait encore comprendre, le programme de santé s’était mis en place progressivement dans les années 70, les familles les plus pauvres ou les moins instruites avaient mis du temps à comprendre et appliquer les règles. Sa grand-mère lui raconte encore quand elle a téléchargé l’application pour les soins dentaires, ils ont été dans les derniers à le faire car son mari trouvait que c’était un abus de pouvoir de rappeler à la population l’heure pour se laver les dents. Avant ça, les gens décidaient de se les laver quand ça leur chantait. Parfois tous les trois jours, ou jamais ! On retrouvait des gens avec des dents trouées par les bactéries et même des gamins auxquels on arrachait les dents dans une souffrance indescriptible. Les vieux finissaient leur vie avec des fausses dents, sur pivots ou en dentiers. Manger devenait un calvaire pour eux. Marie-Amélie frissonna. Le lieu devait pulluler de microbes, peut-être même que des maladies éradiquées de la zone civilisée se trouvaient dans ce café. Non seulement ces gens mettaient leur santé et leur vie en danger mais en plus celle du reste de la population. S’ils n’aiment pas notre système de santé, nos avancées technologiques, notre paix et notre prospérité, ils n’ont qu’à rejoindre les zones non-assainies, ils verraient si c’était mieux avant.
Personne autour d’elle n’avait sorti son ordinateur de bord, comme si personne ici n’avait de tâches journalières à accomplir. Marie-Amélie avaient plusieurs formations en cours, elle terminait toujours avant le délai estimé, que ce soit en développement de soi, en science, en histoire, ou pour son métier de journaliste. Que c’était agaçant ce livre sur ses genoux alors que la liseuse du journal de bord lui aurait donné le résumé et l’interprétation de Candide de Volaire en en claquement de doigt. Sans user sa rétine grâce à un écran adapté parfaitement à son besoin de luminosité.
Eclat de rire, les gars qui jouent aux cartes comme une troupe d’enfants dans un bac à sable semble trouver quelque chose de drôle. Marie-Amélie, happée par le bruit lève la tête vers eux. Du haut de ses Vingt-cinq ans, elle les trouve puérile, crasseux…et pourtant elle sait qu’il faudra s’approcher d’eux pour en savoir plus. Ca devait arriver. Un jeu sans arbitre, une bande de caractériels qui ont surement craqué leur journal de bord pour ne plus suivre le programme d’acception de l’autre. Le cocktail était explosif.
- Mais vas-y !!! Dis-lui carrément d’aller à Pique ! Depuis le début vous jouer à la parlante, tu ne va pas fermer ta gueule !
- Oh Dédé, tempère Gaston, de toute façon il allait y aller… Ne t’énerve pas comme ça !
- Ca y est, tu perds alors tu t’énerve répond un autre vieux. Alors on la fini ou tu vas encore faire ton mauvais perdant.
Beaucoup d’insultes. Un papy jette ses cartes, l’autre allume une cigarette. Une jeune femme en surpoids, avec un IMC au moins supérieur à 25 vient s’interposer.
- Eteins vite cette cigarette Gaston, on va encore avoir la police. Va dans la cours derrière pour fumer.
« Ah, il y a une cours à l’arrière » note Marie-Amélie. Elle décide de s’en aller avant que la nicotine atteigne ses poumons. Elle prend voltaire sous son bras, son précieux sac dans l’autre avec son journal de bord à l’intérieur. Déploie ses longues jambes, dont elle joue à travers sa jupe fendue. Elle passe régler au comptoir à la serveuse trop grosse. La journaliste agite discrètement sa chevelure parfaite pour tenter d’accrocher le regard des jeunes gens autour. Mais personne ne lui prête d’attention, ils semblent préférer une bande de marginales, trois filles de mauvais genre qui rient trop fort, et se racontent des blagues douteuses. Marie-Amélie reviendra. Elle va se reposer, débriefer, réfléchir. De grès ou de force ce monde deviendra le sien.

Arrivée dans son espace de co-working, elle commence à écrire. Elle revoit Kim et son père, du haut de leur terrasse. Décidant du monde et se congratulant de ce qu’ils en ont fait. Et elle, elle voit tout ce qu’il reste à faire. Ces rebelles, leur dents tordues, leur dos vouté, eux, ceux qui ne rentrent pas dans le moule, qui ira les chercher, elle ira, Marie-Amélie, elle n’avancera pas sans eux. Ce n’est pas dans sa chambre aux murs blancs, le regard perdu sur l’horizon qu’elle écrira son article, c’est ici. Entouré des travailleurs pauvres, ceux qui s’enferment dans les boites insonorisé pour démarcher les clients d’une boite qui n’a pas un coin de bureau à leur offrir. Ceux qui n’ont pas le temps de travailler leur module de développement personnel parce qu’ils atteindront leurs objectifs de vente à lourde peine. Ceux qui ne sont pas vifs d’esprit mais qui travaillent, ceux chez qui la bonne volonté est le dernier rempart avant l’exclusion. Quand elle pense à ces profiteurs, ces inconscients, qui fument, qui jouent, qui parlent mal, et ne se lavent peut-être même pas, il en faudrait peu pour qu’ils contaminent ceux dont la vie est si dure. Pour qu’ils viennent recruter ici des opposants en leur faisant miroiter les libertés faciles.


Gaston

Il a un secret, un truc tout poilu, dont il est absolument fou. On en voyait partout avant la réforme. Il parait qu'il y en avait tellement qu'on ne pouvait emprunter un trottoir sans tomber sur leurs crottes.

Changement de titre, "le permis d'enfanter" devient "la frontière" inspirée par monsieur Trump et par nous même qui laissons la mer faire le travail de son mur, je voulais imaginer un monde avec une longue frontière infranchissable. Et des passeurs, bien sur!
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